Il y a quelques jours de cela je suis allée avec ma famille à Saint Valéry sur Somme, petite ville portuaire de la Somme. L’instigateur de cette sortie avait entendu dire que cette ville était populaire -et jolie. Mais pourquoi ? J’ai donc cherché un peu.
Avant de s’appeler Saint-Valéry-sur-Somme, la ville portait vraisemblablement le nom de Leucone ou Leuconaus (mont ou falaise blanche en grec) et n’était qu’un îlot à marée haute. Occupée jusqu’au Ve siècle par les romains, ce sont les francs qui s’y installèrent ensuite. Il est dit qu’avant les romains, c’était les grecs qui y habitaient mais aucune fouille archéologique n’a pu le prouver.
En 611, les terres de Leucone furent données par le roi Clotaire II au moine Gualaric (aussi appelé Walric, Waleric puis Valery) envoyé pour évangéliser la région.
Le moine Valery, originaire d’Auvergne, s’était consacré à la religion depuis son plus jeune âge et voyageait de monastère en monastère à la recherche d’une discipline stricte et austère. C’est à Luxeuil, où il devint disciple du futur Saint Colomban, qu’il trouva sa place. Durant l’absence de Colomban qui dû s’exiler un temps, c’est Valery qui assura la responsabilité du monastère avant d’être envoyé évangéliser la région de Leucone lors du retour de Colomban.

Il s’installa en ermite sur les hauteurs de Leucone. Sa vertu et ses miracles amenèrent plusieurs disciples, dont Saint Bilmont – guéri miraculeusement par Saint Valery, ce qui posa les bases de l’abbaye primitive. La ville de Saint-Valery-sur-Somme commença son développement avec, entre autres, la construction vers 627 de l’abbaye de Saint-Valery. Les reliques du saint attirèrent de nombreux pèlerins à Saint-Valery mais furent pillées entre le IIXe et IXe siècle par les vikings. L’abbaye fut détruite et rebâtie de nombreuses fois mais il n’en reste aujourd’hui que quelques ruines.

En 1430, Jeanne d’Arc, alors prisonnière des anglais, traversa la ville sur le chemin vers Rouen, où elle fut brûlée. A cette époque, une partie des murailles de la ville furent abattues par les anglais qui s’en servirent pour renforcer le château. En visitant Saint-Valery-sur-Somme, vous pourrez y trouver la porte de ville dite « de Jeanne d’Arc », qu’elle traversa lors de son passage le 20 décembre.
Durant les guerres de religion, le capitaine Cocqueville, protestant huguenot, prit Saint-Valery en juin 1568. Il fut battu le 18 juillet par le gouverneur de Picardie, Cossé-Brissac. La ville fut ensuite reprise par le maréchal de Cossé qui y massacra tout les protestants.
Empreinte de beaucoup d’histoire, de guerres et de destruction, Saint-Valery-sur-Somme réchappa un peu plus aux attaques des première et seconde guerres mondiales. Durant la première guerre mondiale, elle servit de refuge aux français et aux belges mais aussi de port de ravitaillement pour les alliés anglais. Cependant, durant la seconde guerre mondiale, deux jeunes de Saint-Valery, âgés de 18 et 21 ans, furent fusillés dans les fossés de la citadelle d’Amiens, accusés d’être des « francs-tireurs » par les allemands.





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